Succulents contes et récits

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Succulents contes et récits

Message  YannD le Sam 15 Nov 2008 - 4:16

par votre dévoué,
Maximilien de Pardaillan de Gondrin,

Cahin-caha, dans l’ambiance du feutre londonien, bercés par les derniers clapotis de la pluie qui tombaient sur la calèche, nous progressions vers le lieu des festivités. Je sentais le parfum d’Elisabeth envahir notre exiguïté et songeait à de possibles futurs… Mais l’arrêt brusque de notre véhicule me ramena à des réalités plus terre à terre. Après quelques cris éructés au dehors dans le patois local, j’hasardais la tête en dehors pour voir un triste spectacle. En effet, le sol autour de nous semblait avoir connu quelque maladie honteuse qui avait laissé sur sa surface des stigmates béants, emplis de flaques grasses et boueuses. Au-delà du voile des pluies, je pouvais percevoir la bâtisse rustique qui allait accueillir ce soir la présence de membres éminents de notre race.
Evitant soigneusement les pièges de ces faubourgs, contournant habilement ces pièges typiques des campagnes, nous nous dirigeâmes alors vers l’entrée de la « salle des fêtes ».
C’est lors de cet excitant périple que mon attention fut retenue par les armoiries de notre cher M. Ashwood, Francis de son prénom. Le moine représenté sur son blason était certes fait de la spiritualité immaculée de l’astre lunaire, mais il était entouré par la colère de deux dogues aux expressions braillardes. Ceci laissa néanmoins de marbre les deux montures attelées à la calèche, qui n’imaginaient sans doute pas porter dans leur dos symbole si carnassier.

Je ne vous cache pas mon désespoir de ne pas avoir été présent pour assister aux quelques incartades d’autres invités de cette épopée. Toutefois, garder l’œil ouvert sur le livre de la pensée des serviteurs que ceux-ci me tendaient avec soumission, me permit de ressentir quelques impressions fugitives. C’est ainsi qu’il m’a été interdit d’assister aux invectives colériques de notre Abbé Giulio envers les serviteurs de la maisonnée, dont les accents rebelles nous rappellent d’autres rêves si proches. L’abbé à son tour fut sur le point d’être vaincu par une flaque, mais sa circonspection et la deuxième porte de la calèche lui offrirent une retraite plus qu’honorable, lui permettant finalement de vaincre l’outrage qui lui fut fait.
Tancrède pour sa part eu le loisir d’observer la scène et même de recevoir la visite d’un vieil homme dont, l’absence d’accent que lui imputait sa langue amputée nous rappelait fortement ce vieux moine cistercien au destin si terrible, unique survivant de la vindicte des dogues braillards… Joignons nous à lui pour une minute de silence.
Je loupais également l’entrée fracassante de M Simon de Montfort et Sir Grinfold. Le premier, courtisan émérite et homme d’affaires implacable, prit de haut la pourtant charmante Marzabeth qui, prise par le jeu du zèle fonça l’accueillir à l’entrée. Le triste sire n’eut qu’un mouvement à faire pour déséquilibrer la brave dame qui se précipita tête baissée vers l’invité suivant. Celui-ci, pommeau de canne en avant, prêt à réceptionner la charge furieuse de la vierge guerrière se rendit compte à temps qu’il ne s’agissait que d’une humble servante de la maison Bowesley. D’un geste ample et souple il se désengagea de sa passe d’arme afin d’éviter de percuter la face crispée de la quadragénaire – crispation fort peu commune pour ce visage qui affiche une rondeur et une joviabilité qui appelle d’ordinaire et à l’amabilité. Le drame évité, avec la servilité de rigueur que ce type de profession vous enseigne, elle apprêta un peu mieux sa robe en mousseline noire et le tablier qui la protégeait, et fit mille excuses aux invités. Par la grâce de sa fonction elle évoqua l’expression si londonienne des deux familles, distinguant par là même aux oreilles averties la progéniture de Caïn de celle de Seth.
Nul doute que par la suite, franchissant le corridor, un œil averti eut loisir d’admirer la fresque murale décrivant cette bataille d’Hastings si chère à notre regretté Valérius… Bref, nous arrivâmes alors à une salle octogonale, au lustre assez simple, dont le reflet mystique s’exprimait par un œil de bœuf au verre obscur. La noirceur et les huit faces qu’on avait infligées au matériau étiré, donnait une sensation excitante d’un quelconque jeu rituel. Au centre de la pièce, présidait une dizaine de petits verres à pieds en cristal, posés dans toute leur délicatesse sur une simple table en bois laqué noir. A leur côté une chinoiserie en cristal raffiné dévoilait avec une sensualité pleinement dévoilée la volupté d’une vitae de qualité. Pour accompagner le souper, on avait par ailleurs disposé un service de petites tasses en porcelaine qui dégageaient de fortes senteurs d’épices, de camphre et d’aromates.

Nous rencontrâmes alors notre première personnalité, le Prince proclamé Sven d’Helsinki, du clan des patriciens comme on aime à le dire dans cet auguste clan au sang bleu. C’est un terme ancien et désuet qui est toutefois fort apprécié de ces gens lorsqu’il s’agit de s’octroyer à peu de frais de quelques décennies supplémentaires. Enfin, toutefois ces nobles cainites imaginent ils que nous sommes suffisamment dupes pour imaginer qu’il suffit de parler le vieux françois pour se faire passer pour plus vieux qu’on est. Soit, de toute façon, la petite présence, son style lourd et ancien, bien que rehaussé de feuilles de vigne et d’émeraudes précieuses ne provoqua pas d’émoi plus que de raison. Après nous avoir assommé d’un laïus dont les ventrues ont le secret, il se targua d’être ambassadeur de toutes les Russie, envoyé par le Prince de St Petersburg, pour finalement gagner un peu en humilité après avoir subi quelques pics auxquels Versailles nous a si bien formés.

Puis la jeune Lady Anna Bowesley nous fit la grâce de sa présence. Sa fine silhouette juvénile était enserrée dans une robe rouge pourpre, dont l’écarlate désir se prolongeait jusque dans sa chevelure laquée et poudrée, soigneusement parsemée de roses rouges de première fraicheur… pour retomber sur la dentelle de son décolleté, ornée de rubis chatoyants qui ne parvenaient qu’à grand peine à concentrer mon regard… au point même de ne pas y parvenir complètement. Que voulez vous, à la vue de ce spectacle, je fus captivé… on est Toréador ou on ne l’est pas. Toutefois passée cette légère absence, je pris plaisir à voir sur son visage cette composition inattendue d’un sourire enfantin et enjôleur, couplée à l’agressivité féline de cette prédatrice.
Elle distribua quelques coups de griffes : acerbe avec M Grinfold, grandiloquente sur le retour du Prince de France Beatrix aux affaires courantes, toute enjôleuse avec notre Tancrède de retour au terroir, taquine avec notre M de Montfort descendant des Valois et des Penthièvre et somme toute vindicative à l’encontre des rats de Paris.

Nelly de Brienne fit alors son apparition, la trentaine approchant, sourire mutin aux lèvres, regards amusé, médaillon à clapet délicatement réajusté sur sa poitrine si douce… pour finalement remarquer la mouche qu’elle portait au dessus des lèvres… encore un de ses appels dont elle a le secret.
Notre primogène londonien, Lord Thimothy Holden fit son apparition remarquée, montre à gousset, habillée à la dernière mode de paris, des yeux bleus foncés brillaient sous ses sourcils broussailleux. L’homme n’apprécie guère les Giovanni, et fait preuve d’humanisme et d’honneur à la fois. Il n’est pas étonnant que cet Ancien du clan de la Rose n’apprécie que modérément la jeune lady Anna Bowesley, dont l’ambition sans scrupules aucun est manifeste, mais dont la pose féline est néanmoins si attachante.

Ashwood a fait alors son apparition. Fin, émacié, inquiet, il est arrivé psalmodiant quelques versets de sa bible drapée de velour rouge et aux fines ciselures représentants les symboles presque païens d’entrelacs, de feuilles de chênes et de petits poissons.

La voix charismatique de notre aventurier de salon, (mais ne lui en touchez pas mot), se fit retentir alors. Montifloro Giovanni racontait ses exploits prestigieux à deux de ses amis de route.

Alors que les invités affluaient dans le salon, des groupes se créèrent naturellement.

Lord Chancelor Sandwich, gros et gras était accompagnée de son épouse, la très libérée voire même libertine Dorothy Faine, illustre fille du vicomte de Faine. L’auguste couple était affublé d’un John Wiggs, qui écoutait leurs discussion païenne autour de leur nouvelle église. Messire Ashwood les rejoigna bientôt. Les odeurs de narguilé du chevalier de Gontret furent un présage fort de la présence de Messire Cagliostro dans la capitale d’outre manche.
C’est lors de ces discussions que nous apprîmes la faveur que messire Sandwich fit à Sir Grinfold, à la demande de Lady Anna Bowesley, celle de l’anoblir. Ha Dieu ciel, si les Ventrues pouvaient teindre le sang en bleu, ils le feraient jusque dans leurs veines. Par ailleurs ce brave Lord Chancelor sait vivre. Outre une femme toute charmante, il inonde ses amis de cadeaux les plus somptueux, et sait même trouver les babioles adéquates auprès de sa reine, tout en reconnaissant la valeur du roi de France Louis XIII… Il a manifestement beaucoup moins d’estime pour notre bon roi, qui selon ses dire serait abandonné par sa noblesse en ses principales villes : Lyon, Grenoble, Marseille. Compatriotes, j’en appelle à votre sens de la patrie, nous devons aider notre bon Roy.

Nous eûmes également le plaisir d’entendre discourir Horace Walpaul, de l’illustre famille des Walpaul, à la présentation soignée, stricte, agrémentée de quelques fioritures dont une boucle d’oreille portant une croix latine. C’est un homme de paix, avec Rome comme avec les colonies, au discours lucide mais néanmoins enflammée, et par ses opinions et son style de vie, un ennemi certain de notre bon cardinal. Ha si seulement le bon roi d’angleterre n’avait perdu son conseiller, Valerius Bolingbroke
Notre bon abbé Gyulyo s’incrusta dans ce groupe dans lequel ses frères d’esprit sinon de corps étaient partie prenante. Je ne parle pas du Baron Melcombe qui ne voit que de la politique dans la religion, mais bien des deux autres comparses de cette assemblée. D’une part le cardinal OttiBoni, gêné par les discours anti cléricaux et d’autre part le petit abbé Nicolini dont l’appétit trouvait toute sa mesure dans la capacité stomacale qu’il était aisé de deviner au sein des largesses de son embonpoint.

C’est lors de ces petites altercations, qui avaient fait naître au milieu du visage de notre bon Abbé Giulio la fissure d’un sourire aussi crispé que ravageur qu’Alberto Sforza rejoignit la petite équipée. Toujours sans perruque, les cheveux courts, canne ouvragée à la main, l’ancien du clan des lunatiques s’avança sans ménagement et déclama passionnément sa tirade… « il n’y a rien de plus beau que de voir un chef d’œuvre devenir poussière »… sa passion destructrice, s’exprima à travers un malaise profond à travers l’auditoire, et le fit bondir lorsqu’il se vanta d’avoir détruit des ouvrages d’Aristote lui-même… Pris dans la frénésie de sa passion, l’ancien ami de Valerius se mit alors à divaguer, installant dans la pièce un silence lourd…
Puis Sforza se tourna vers Ashwood, l’invectivant de toute sa verve, le regard fiévreux et la colère non dissimulée : « Vous avez trahi notre idéal, les idéaux doivent changer pour être mis en pratique, mais… ce n’est pas Caleb qui pourra vous aider cette fois ci »


Malgré tout, je décidais de ne pas céder à la curiosité de faire tourner les pages que ce cher Francis Ashwood me proposait d’effeuiller pour ne pas incommoder davantage notre charmante hôtesse. Par ailleurs, ces messires George Bubb Dodington et Paul Whitehead discouraient de l’interaction de la politique et de la religion. Il s’agissait là d’un sujet qu’il aurait été fort grossier d’évoquer à Versailles, mais nous n’étions ni à Versailles ni même vraiment dans un salon mondain. J’étais néanmoins soulagé d’entendre la musique reprendre afin de masquer quelque peu les troubles qu’Alberto Sforza avait suscité.

Nelly de Brienne, Montifloro et Thimothy Holden quant à eux rejoignirent ces seigneurs Wycombe, Johnston et le duc de Wharton, qui avaient engagé une discussion assez sévère à l’encontre du jeune Walpole. Nul doute que leurs vêtements à la française et leurs postures droites et élégantes surent attirer à eux l’attention de notre auguste primogène et de notre sœur aux atours si exquis. Leur présence et leur grâce surent sans nul doute modérer leur hargne et les rappeler à davantage de civilité.

Profitant de tous ces ébats et discours, chacun alla vaquer peu à peu à ses occupations. Notre rose française partit faire quelques emplettes personnelles et de bon goût. Notre bon Giulio alla prêcher la bonne parole, avec l’espoir que ses prêches portent plus loin que les gâteaux au miel. Et enfin notre bon courtisan Simon de Montfort.

Déambulant de ci, de là, notre bon Sir Grinfold alla présenter ses hommages à Messire John Wiggs pour discuter oisiveté et science. Nous fûmes tous sincèrement réjoui de voir qu’un noble Sir du clan ventrue puisse s’intéresser à des valeurs de cette nature. Il ne fait aucun doute que notre brave Sir prendra des mesures pour que John Wiggs n’ébruite pas l’influence d’Anna Bowesley sur la haute noblesse de la couronne d’Angleterre. Au même moment lady Anna Bowesley visiblement ailleurs pestait à l’encontre du chevalier d’Eon, accusé de commettre acte de piraterie au niveau des juteuses colonies. Avec tous ces actes de barbarie à l’encontre de notre commerce salvateur, mais où va le monde je vous le demande…


Pierre, nain aux couleurs orientales, glissait entre chacun de ces groupes pour distribuer boissons et plaisir, ses petits pas trottaient de ci de là, sans que personne n’y prenne garde.

Le lendemain soir, nous apprendrons dans la plus grande honte et la plus notable des contritions le scandale qui entâche désormais notre cardinal Ottiboni, retrouvé en compagnie galante du petit domestique, à savoir une bonne, de la famille Bowesley.
Nous aurons aussi à pleurer le souvenir de l’Abbé Nicolini dont le flasque promontoire de sa ventripotence ne sera plus guère agité que par les mouvements de son cercueil. Oui l’Abbé Nicolini est mort d’une indigestion de gâteaux au miel, de ces gâteaux qui donnent le sourire et le pied léger.
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Les préliminaires

Message  YannD le Mer 19 Nov 2008 - 0:46

Dans une vallée au-delà de Wimbledon, trois cavaliers font galoper leurs montures à bride abattue, arrachant à la route détrempée des crachas de terre et d’eau. En face d’eux s’élevait, menaçante, une grande ombre couleur saumâtre, fendue en deux, les stoppant net.
La capuche humide du cavalier de tête fut rabattue en arrière avec vivacité pour laisser apparaître dans ce chancre de ténèbres la lumière vengeresse d’un ange de la guerre, une chevelure blond vénitien qui en appelait à la destruction des ténèbres. L’ange fit un signe aux deux autres cavaliers d’avancer et ils reprirent leurs courses, fondant à nouveau vers les ténèbres.
Puis un cavalier en sortit à nouveau, ses mouvements se désarticulèrent pour se crisper et se rabattre sur son corps, des flammèches bleues éructaient de sa capuche et il tomba au sol, pour y disparaître…
Par delà le comté du Devonshire, au sein du domaine de Medmenham, le moine d’argent regardait au loin, prêt à faire abattre sa malédiction à nouveau sur les impudents qui le provoqueraient en son domaine...



Elisabeth ouvre les yeux… fronce les sourcils, elle a mal au crâne, aux oreilles, il est midi… puis tout autour d’elle les mots viennent danser sur les murs, des lettres de sangs courent et se chevauchent, puis des voix, des psaumes se succèdent, en vague, en canon, sans arrêt… Elisabeth sent le sang couler, ses dents de serrent, le sang coule de ses oreilles, de son nez, de ses yeux… le goût du sang se répand dans sa bouche… elle tombe assommée…
Angelina, comtesse de Cagliostro entre, son parfum de rose empli la pièce… menue, visage poupin, yeux noirs brillants, ses cheveux brun frisés tombent sur sa fraise en dentelle… nonchalamment, elle ouvre mes courriers, les lit, psalmodie… puis repart… laissant Elisabeth à ses douleurs.
Quelques heures plus tard, Elisabeth reprend ses esprits… elle erre et essaie de comprendre ce qui s’est passé… plusieurs fois elle tombe au sol, et la main sur le sol, absente, songeuse, et laisse son esprit encore embrumé retrouver sa vision. L’air absent, elle se plonge à nouveau dans ses pensées et pour se vider la tête et se détendre, prend le temps de dessiner un portrait de femme. Puis elle se ressaisit, reprend un air déterminé et va s’apprêter et se remaquiller afin de prendre un peu l’air et se renseigner sur les dernières nouvelles de Londres…
De salon en salon, de conversation en conversation, la jeune femme se renseigne, batifole, reprend une contenance qui rendait insoupçonnée la torture mentale qu’elle avait subie quelques heures plus tôt.
Les nouvelles allaient bon train. Les Whigs avaient pour la plupart décider d’organiser une grande soirée au White Hall, à Westminster, à côté du parlement et de l’abbaye. Evidemment, le Shadow Cabinet, le gouvernement londonien de notre « Famille » comme on dit à Londres, avait organisé l’événement. Elisabeth apprit par ailleurs que la reine serait finalement là. Elle se portait beaucoup mieux, malgré les interrogations que sa maladie suscitait. Heureusement ses excursions en banlieue londonienne, notamment au sud de londres l’avaient rassérénée. Nul doute par ailleurs que son amitié avec la jeune Georgiana Spencer lui avait fait beaucoup de bien.
Par ailleurs, plus inquiétantes étaient ces rumeurs de rites païens relayées par la population… c’était peut être pour ces raisons que M de Montfort du quitter précipitamment l’ambassade de France avant qu’un groupe de moine ne vienne s’enquérir de sa présence. Peut être cela était lié à ce drame dont Elisabeth apprit la nouvelle : l’Abbé Nicolini était en effet mort, achevé par quelques plateaux de gâteaux au miel !
Piquée au vif, Elisabeth qui en savait déjà long sur notre Abbé Nicolini prit l’initiative d’aller visiter le manoir dans lequel il résidait. Devant celui-ci, les armoiries d’Ashwood étaient affichées clairement… Il était trop tard pour investiguer et y retrouver quoi que ce soit, la plupart des meubles avaient été déplacés, les caches secrètes fouillées et vidées… après avoir malgré tout poursuivi l’investigation, elle fut interrompue par un moine qui interpella la jeune femme et l’invectiva de toute sa verve de prédicateur. Celle-ci fut affectée au point de défaillir… le moine lui asséna ces paroles d’évangiles « C’est un lieu sacré. Nous vous convions à partir. La prochaine fois nous serons moins cléments». En sortant du manoir, une quinzaine de moine lui présentèrent une haie d’honneur des plus funestes. Elle eut juste le temps de voir le moine remettre une bourse au capitaine de la garde. Eprouvée par toutes ces émotions, elle prit le parti de prendre un peu de repos…

A son réveil, Maximilien alla s’enquérir de la jeune femme, elle dormait paisiblement, la douceur de sa peau appela une caresse qu’il élança doucement vers la joue de la jeune femme… « qu’est ce qu’elle est mignonne quand elle dort »… malheureusement elle se réveilla à ce moment et balaya son geste d’un revers de la main, et d’un regard contrarié des plus intimidants…

Des doigts fermes et délicats ondulaient avec douceur et sensibilité sur les touches du piano. Réveillé par les sonorités clavecines, M de Montfort rejoignit prudemment l’étage. L’ange blond, M de St Valmier leva les yeux un instant vers M de Montfort tout en terminant quelques accords, et sans briser la mélodie… M de St Valmier semblait contrit, sa mélancolie transpirait à travers chacun de ses gestes, chacun de ses soupirs… ses yeux attristés mais emplit d’une volonté inflexible se plantèrent dans ceux de M de Montfort, comme cherchant un appui, le pardon d’un crime à commettre « Je pensais régler cela diplomatiquement… mais je ne peux pas le laisser continuer… j’aurais besoin de ton aide Montfort… nous ne pouvons pas laisser cet intrigant continuer, celui qui fut mon mentor, Lord Ashwood… notre philosophie doit dépasser cela, qu’importe les moyens. Il nous faudra faire preuve de vigilance, ils utiliseront le verbe, comme les anciens du clan de la Rose… cet art a été volé à Byzance… Les hommes possédait le vrai pouvoir, basé sur une foi, un idéal, ainsi qu’on le lit dans les versets du seigneur. Les filles de la cacophonie ne font montre que d’un pâle ersatz de ce vrai pouvoir… Il a fabriqué un livre anathème sur la base de l’original… que j’ai perdu… je dois détruire ce livre… » une vague d’humanité et de dégoût se lit alors sur son visage… « j’ai trouvé tous ces cadavres dans le lac qui l’ont aidé à concevoir le nouveau livre… » puis vindicatif « Lord Ashwood n’a plus aucun droit sur le Novo Ordo Seclorum ! »
Ce pauvre montfort semblait perdu, à moitié assommé de toutes ces informations qu’il ne saisissait que très lointainement… il bifurqua sur la nouvelle de la mort de l’abbé Nicolini. Montfort sembla étonné que cette personnalité liée aux carbonari aient été assassinnée… puis il reprit son laïus. « Cette nuit est la seule qui nous soit permise pour intervenir : il faut cesser ce qu’ils font au roi George »

Quelques heures plus tard, toute une populace de brigands, mendiants, émeutiers en puissance et autres resquilleurs s’étaient amassés devant le White Halle
Un jeune enfant, passant dans la foule distribuaient pour un penny un exemplaire du Mercure des extravagances… Tous nous nous précipitâmes les uns après les autres pour prendre un exemplaire de cette feuille immaculée. Lorsque Maximilien se rendit compte du piège : un appat, quelqu’un utilise ces feuilles blanches pour repérer de loin les membres de notre famille.
Alerte, il repéra un homme sur le toit, celui-ci tenta de pénétrer le jeune esprit de Maximilien, mais par chance il résista, et l’homme s’enfuit. Suite à cela, tout un défilé de resquilleurs nous assailli alors que nous nous rendions au White Hall. D’autres badauds s’offusquaient et s’inquiétait de la santé du roi « le roi ne répond pas » « il est sous l’influence de l’autre » « il est maudit » « il est fou »…
Pendant ce temps, nous nous avancions peu à peu, les resquilleurs tentant de nous acheter nos cartons d’invitation. Montfort pris soin d’une gamine, Maximilien attendrit le cœur d’une rustaude pour qu’elle partage ses bénéfices avec les jeunes enfants. Tancrède nargua et estomaqua un jeune mendiant, qui lui reprochait à demi mot la richesse de ses vêtements cherchant à le culpabiliser. A celui là il répondit « Mes atours, trop précieux ? il est vrai. Mais si je le pouvais j’en achèterais de plus onéreux encore »

En chemin je repérai le jeune Valmier, dont l’approche à mes côtés se manifesta par un picotement léger au milieu de ma colonne. Il salua cette chère Nelly puis sans considération envers ma jeune personne poursuivit sa route. Nelly le suivi alors et je rejoignis piteusement l’assemblée à mon tour, présentant mon carton d’invitation et rentrant dans le bâtiment. A sa manière Valmier me frappa à nouveau dans le dos… Et Nelly fit de même en se rendant vivement vers Mélusine d’Anjou.
Beaucoup d’invités étaient présent. Lord Chancelor Sandwich n’était pas accompagnée de Dorothy Faine et passait le temps en compagnie d’un homme au visage aquilin, air de rapace, avec lequel il entretenait une discussion assez agréable. Par ailleurs, Ashwood discutait avec le juvénile Jon Dee, le régent tremere de la ville.

Sir Greenfold alla présenter ses hommages à son sire, Lady Anna Bowesley, qui lui donna une épreuve à sa mesure, celle d’obtenir une audience avec la reine. Le jeune infant sauta sur l’occasion de son sevrage et sur de ses capacités accepta cette mission comme la plus simple formalité… pour se rendre compte quelques instants plus tard que la tâche n’était pas si aisée… Par chance, son charisme et son port princier firent venir à lui une charmante, mais néanmoins âgée, personnalité du clan nosferatu, Dame Boganov. Cette commerçante rusée était venue pour affaire afin de traiter du commerce du bois avec l’Angleterre. Par amitié et en échange d’un service à venir, elle se promit d’apporter toute l’aide nécessaire au jeune ventrue amateur de femmes faciles. Cédant au charme du jeune homme, elle l’incita à se méfier de son premier conseiller, un certain Stanton, plus connu sous le nom de Lordstanton ou Lord Stanton. Cette ambigüité de nom laissa le jeune ventrue perplexe, mais sa sagacité perça le stratagème à jour et l’évidence se dévoila comme un champ de blé à la lumière dorée du soleil. Il s’agissait d’un nom d’emprunt, elle faisait référence à Lord As… Ahem. Elle l’invita donc à se méfier de ce dangereux individu, dont les liens avec le domitor étaient brisés. Non seulement ce triste sire ne servait plus son ancien maître mais il avait ruiné les intérêts de la famille Greenfold. Pleine de bons conseils, cette généreuse dame invita donc notre brave Greenfold à apporter son aide à Messire de Breilles. Triste sire de même, mais celui-ci se targuait d’être royaliste ce qui en soi était un moindre mal. Elle l’invita à la contacter à l’auberge de la Carpe à Douvres, la pauvre Dame devant s’y rendre par elle-même pour y faire envoyer quelques courriers à M de Breilles.
M de Montfort pour sa part tournait de ci de là autour de Lord Ashwood. Au cours de ses pérégrinations, il croisa le sieur Sforza qui parlait de ses conquêtes à un auditoire tout aussi conquis… mais assez peu nombreux car de sa propre confidence, la disparition de Valerius l’avait laissé sans soutien politique important. Au cours de la conversation, M de Montfort invita ce bon Alberto Sforza à visiter Nelly de Brienne, pour les laisser en tête à tête. L’ancien conseiller lui fit une Cour peu délicate, mais dont l’audace semblait combler les attentes de cette pauvre et esseulé jeune femme, aux courbes si délicates et à la peau si douce… On ne pouvait décidemment à ce moment là reprocher à Sforza sa velléité… Puis malgré une réticence toute féminine, le sieur pris les mains de la jeune femme. La foule et les accents sonores de la salle nous interdîmes toutes écouté, mais après une entrevue d’une intensité rare, la jeune femme semblait docile… Mais le jeune étalon italien après avoir obtenu ce qu’il voulait la rejetât avec dédain… provoquant dépit, colère et larmes…
Montfort fut alors félicité d’un sarcasme par Lord Ashwood pour avoir favorisé cette entrevue. Après un débat, où Ashwood se reconnut lui-même pêcheur, après en avoir accusé M de Montfort, les deux hommes se séparèrent, laissant un goût amer s’immiscer entre les lèvres du thaumaturge.

Sforza en grande forme ce soir là s’attaqua ensuite à Tancrède. Mais nous ne pûmes l’en empêcher, et suite à un baiser plein de concupiscence sur le front du Ravnos, Alberto Sforza l’emmena au dehors, suivi par l’Abbé Giulio qui était prêt à en découdre. C’est à ce moment que Maximilien tenta de réconforter la pauvre Nelly, qui le rejetta, encore brisé par l’abandon d’Alberto Sforza. Valmier se rendit compte de la tristesse et de la colère de Nelly et fut prêt à en accuser le jeune Maximilien, mais celui-ci lui précisa que coupable il ne l’était point, et que Sforza était l’instigateur de son amertume. Sans hésiter, il se dirigea vers l’extérieur du bâtiment. Au dehors, d’un simple psaume, il fit s’effondrer Sforza et Tancrède et invectivant l’Abbé Giulio d’emmener les deux corps. Celui-ci mis les deux corps à l’abri, non sans y avoir planté un morceau de chêne fort à propos.

Nelly s’est ressaisi et a refusé toute aide, pour rejoindre Robert d’Artois, le fléau de la ville, recherché par le marquis de Flandre, du clan des sangs chauds.
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le grand "chaud"

Message  YannD le Mer 19 Nov 2008 - 0:46

Dame Boganov choisit ce moment pour se manifester auprès de notre jeune ventrue et lui fournit une lettre d’introduction, comme seul le Grand Chambellan peut en octroyer. Fort de sa réussite, Sir Greenfold franchit le perron de la royauté pour se retrouver en audience publique avec la reine. Il fit une magnifique révérence suivi d’un baise main tout à fait correct. La première étape de son ascension fulgurante venait d’être franchie.
Cette réussite s’exprima par un silence solennel et gêné. Après les politesses d’usage, Sir Greenfold commença a louvoyer.
« J’aimerais m’entretenir avec vous ma reine.
- Fort bien je vous écoute
- Serait-il possible d’obtenir une audience privée ?
- Et bien, dites-moi au moins de quoi il s’agit
- C’est à propos d’un sujet privé
- … soyez plus précis très cher
- J’aurais besoin de conseils, et c’est à ce sujet que j’aimerais obtenir une audience privée
- … de conseils à propos de quel sujet ?
- (changeant son fusil d’épaule) De mon rôle auprès de l’ambassadeur, j’aimerais des conseils à ce sujet
- Vous faites erreur mon ami, c’est au ministre que vous devez en référer, mon rôle n’est pas de décider de la politique à mener
- (… déconcerté) C'est-à-dire que c’est de votre avis dont j’ai besoin
- (…agacée…) Ecoutez cher Sir, je n’ai pas d’avis à vous donner à ce sujet
- Vous comprenez, la France, son étiquette, ses valeurs nous avons là des sujets précieux et j’aurais besoin de vos lumières
- (…abasourdie…) je ne vous suis pas cher Sir
- (… paniqué…) euh, et bien je eux, j’aurais besoin de vos conseils sur ces gens et sur cette belle patrie.
- (…excédée…) je vous rappelle que vous appartenez à la Cour d’Angleterre, et vous parlez en trop de bien de la France. Je vous rappelle que ce pays est Notre ENNEMI, et l’ennemi de l’Angleterre. Peut être devriez vous revenir en Angleterre
- (… plein d’espoir… ) ce serait mon souhait le plus cher !!!
- (… abasourdie…) …
- (…perdu…)…
- (…gênée…)…
- (encore plus gêné) …
- … bien est ce tout ?
- (… jouant sa dernière carte…) non, en vérité je voudrais vous parler des conflits qui animent les Whigs.
- …
- (… triomphant…) voyez vous j’aimerais votre avis en privé et j’aimerais bénéficiez d’une audience
- (… furieuse…) comment osez vous ???
- (… mode panic on…) ha eeuuhhh et bien, je me disais que peut être vous pourriez faire quelque chose, je ne sais pas, en toucher un mot au roi par exemple.
- (… suspicieuse et énervée…) je n’ai aucun pouvoir de ce genre et je n’ai pas à dire au roi ce qu’il doit faire.
- (… déçu…) ha euh, et bien, j’aurais imaginé que vous puissiez servir à quelque chose…
****** INCIDENT DIPLOMATIQUE ****
A ce moment Lady Georgianni Spencer intervint
- Ma reine, sachez que votre rôle va bien au-delà d’un simple pouvoir diplomatique. Vous êtes un soutien de notre roi et vous le soutenez pleinement. Ce jeune homme a raison, le pays est déchiré de querelles opportunistes. Pour nous tous vous êtes la marque de la cohésion, vous êtes l’unité, la famille, et de tous ces conflits vous êtes la seule à pouvoir rassembler ceux qui se disputent le pouvoir aujourd’hui. Ce que ce jeune homme veut dire, c’est que vous pouvez les rassembler et maintenir l’unité de notre pays. Vous avez l’oreille de notre roi et vous êtes la garante de notre unité. Vous êtes notre reine.
- (… Sir Greenfold croit voir un ange salvateur…)
- (… la reine se calme…)
- (… georgianna renchérit… ) Si vous le permettez, je pense que ce jeune homme mériterait une audience pour discuter de tout cela, souffrez que j’organise une audience privée
- (… sur le chemin de la sérénité…) soit, faites mon amie, vous êtes une précieuse conseillère. Arrangez vous avec Sir Greenfold pour placer un entretien privé. Bonne soirée Sir Greenfold
- (…bredouillant…) ha euh mais oui d’accord
Un peu plus tard, Sir Greenfold se vit assigner par Georgianna une entrevue le lendemain midi à un horaire non négociable et le tout au prix d’un menu service, qui nul doute en cela, sera à payer en temps voulu pour le bon plaisir de Lady Georgianna…




Entretemps, Valmier, visiblement perdu et à la recherche d’une quelconque personnalité initie une discussion légère avec le cardinal Ottiboni et Horace Walpaul.
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Le choc des titans et la fuite de David

Message  YannD le Mer 19 Nov 2008 - 0:47

A ce moment, Victor Amalianov entre dans la salle des fêtes et remet une missive à Elisabeth alors que Maximilien débute un entretien avec Lord Ashwood. Après avoir informé Elisabeth que Cagliostro est le commanditaire, la jeune femme lit la lettre… Immédiatement elle s’effondre et crache du sang. Maximilien voit la scène, et laisse Ashwood en plan, courant vers la jeune femme, visiblement bouleversé de voir sa jeune amie en sang. Aussi délicatement et rapidement que possible il la prend dans ses bras et sort. De toute sa présence, il s’impose aux gardes qui le laissent partir en rechignant, alors que la vie de la jeune femme semble s’étioler de seconde en seconde. Au loin Victor est ressorti et guette la sortie du jeune toréador. Il invective la foule et l’incite à la révolte contre la noblesse et la bourgeoisie. Les tessons volent. Le jeune Maximilien protège la jeune femme. A ce moment un homme apparaît derrière lui, énervé et commence à tailler dans la foule. Bon gré mal gré ils avancent jusqu’à une calèche, où Maximilien dépose le corps d’Elisabeth. A ce moment, un éclair de génie traverse l’esprit du jeune Greenfold. S’il se fait blesser par la foule, il pourra se faire excuser le lendemain midi ! Il fonce donc dans la foule, fort de son idée, où il taillade comme il peut la foule mais où il finit par disparaître sous un flot nourri de projectiles divers.
En retrait de la scène, une jeune femme, la comtesse Angelina Cagliostro et un homme, costaud et ventripotent, semblent attendre. Le jeune Maximilien passe quelques instants avec la jeune femme dans la calèche puis la laisse aux bons soins de son compagnon… Il quitte la scène et revient quelques instants plus tard, à pied… utilisant d’un stratagème, tout en évitant Victor qui le traque, il récupère le corps de Sir Gaven Greenfold… puis après avoir mis le corps à l’abri revient vers la bâtisse.
A l’intérieur, suite aux émeutes de plus en plus manifestes, les nobles et la plupart des vampires quittent la pièce. Laissant Giulio, Montifloro, Valmier, Montfort et Ashwood se toiser les uns les autres. Après quelques débats, le combat semble inévitable… Ashwood et Valmier se toisent. Ashwood, manipulant une lourde sacoche en cuir à son côté commence à incanter, ainsi que Valmier… Ashwood semble se boursoufler, et ses prières païennes ont un effet dévastateur sur les individus restés dans la salle. Valmier fait de même à ce moment, récite un psaume, et tous ressentent un effet similaire, sauf Montfort qui semble reprendre un peu de contenance suite à cet effet. Alors que l’affrontement se poursuit, la foule se disperse peu à peu à l’extérieur… Puis Les deux Giovanni entrent en action, déséquilibrant le combat. La présence est utilisée, Ashwood aspire le sang de Montfort à distance… le combat penche vers Ashwood alors que Maximilien entre dans la pièce. Valmier décide alors de fuir, mais glisse malencontreusement sur un épais tapis de couleur sombre. Montfort se tend vers Ashwood, lui plante l’épée dans la gorge. Montifloro broie alors la main de Montfort et Giulio tombe à bras raccourcis sur Valmier, qui reste au sol, sans vie…
Dans un manoir de campagne, Sforza nous parle de Machiavel, Ashwood, Violetta, Pierre Caleb, Valroux… du culte du feu de l’enfer, du deuxième disciple d’Ashwood… Il tente d’utiliser un pouvoir sur nos esprits et nous le replongeons en torpeur.
L’interrogatoire de Valmier tourne mal et nous sommes obligés d’arrêter brusquement l’interrogatoire alors qu’il s’apprête à convoquer quelqu’un…

Echaudés, nous renonçons temporairement à l’interrogatoire d’Ashwood, mais à ce moment un moine cistercien vient nous menacer, nous sommant de rendre notre prisonnier. Le temps continue alors à s’écouler alors que nous débattons de ce que nous devons faire d’Ashwood et de son livre maudit… A ce moment Tancrède sent un appel à l’extérieur et je l’accompagne. Puis finalement nous sommes assaillis, sans raison compréhensible, le jeune Maximilien semble visé par l’attaque et se fait toucher par un carreau d’arbalète enchanté. Sauvé de peu par l’abbé Giulio, nous décidons finalement de détruire Ashwood et de garder le livre…
Plus tard, Dame Boganov récupère le corps de Sforza…
Puis, le lieu n’étant plus sûr, Tancrède nous quitte, et à notre grande contrariété subtilise le livre d’Ashwood, plongeant Giulio dans une colère des plus noires.
A court de temps, nous nous dirigeons alors vers une des demeures de Lady Anna où nous déposons le corps de Sir Greenfold….

Suite à l’émeute de White Hall, les cercles politiques réclamant des réformes électorales gagnent en poids, les whigs deviennent plus unis et obtiennent leur réforme. Suite à cela, les Tories et les Whigs votent l’apaisement du cens de 25 livres, permettant à la bourgeoisie de voter.
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Inspecteur Finot

Message  YannD le Lun 19 Jan 2009 - 17:55

Cette soirée du 20 janvier 1776 commença simplement par une réunion presque informelle. J’accompagnais mon ami le commissaire aux affaires extraordinaire au châtelet, M de Ranreuil chez Messire Fribourg de Breilles. M. de Ranreuil était lui-même occupé à la Sorbonne à s’assurer que le conseil du clan Brujah se passe dans les normes et dans le respect de nos règles de la Camarilla. Vous connaissez tout comme moi les tendances belliqueuses de ces gens, et c’est à ce titre que j’acceptais de rendre un menu service à M de Ranreuil en épaulant M de Breilles pour une triviale affaire de presse. Vous n’êtes pas sans savoir cher ami à quel point le Mercure de France remue notre bonne société de la nuit. C’est à ce titre que ce brave Fribourg s’attribua la mission sainte de clouer le bec du Masque des Extravagances, au propre comme au figuré ainsi que l’exige les rites et la finesse de la lignée Nosferatrue dont ce cher Fribouille en est le digne exemple.
Par ailleurs nous fûmes présentés à M d’Arnouville qui nous fit la grâce d’ôter son masque, dévoilant un visage ravagé par l’abus d’absorption répétée de plomb fondu. Pour votre gouverne, il s’agit d’un délice italien proposé par la corporation culinaire des charbonniers, très à la mode dans certains milieux traditionnalistes. Nous fûmes donc présentés à sa seigneurie et aux illustres Nosferatrue M de Breilles et M de Saint Elme. M de Breilles fit de nombreuses circonvolutions pour bien nous faire comprendre qu’il avait un plan et que tout était sous contrôle, et en bref que nous n’avions qu’à prendre les catacombes d’assaut. C’est alors que nous entendîmes comme un raclement dans le couloir, un objet lourd et pesant se trainait derrière la porte, nos regards se tournèrent alors, vaguement inquiets, et la porte s’ouvrit avec énergie… sur un homme couvert d’une longue mante, capuche baissée laissant transparaître deux éclats brillants dans l’obscurité, qui rehaussait un large sourire… Yassec Barovitz venait de faire son entrée, accompagné d’un autre nosferatu du nom de Klaus, un vrai celui là sans sang Ventrue dans les veines. Yassec releva doucement sa capuche, arrachant les chairs qui s’étaient incrustées dans le tissu épais. Malgré la douleur, il gardait son large sourire carnassier, comme un lion enfin sorti de cage, prêt à déchiqueter les ennemis qui se dressaient à son encontre. Le boucher des carpathes portait bien son surnom.

Après avoir résumé la situation, nous partîmes alors en calèche. Autour de nous de pauvres hères hurlaient leur colère contre la royauté et les dépenses de Versailles « A mort l’autrichienne, à mort la Polastron, … »
Nous en profitâmes pour passer en revue les grands titres du Mercure, nous retrouvions les grands thèmes basés sur les contes orientaux chers au Masque des Extravagances, malgré un découpage plus haché et une référence à des contes allemands pour enfants : « un nouveau duc nosferatu sera bientôt nommé, il y a une lutte politique entre différentes faction du clan brujah, l’ancien duc toréador serait en torpeur protégé par le clan ravnos » et blablabla et blablabla.

Nous fîmes une halte dans un entrepôt de M de Breilles pour interroger deux pauvres hères capturés par les services d’espionnage de M de Breilles. Par ailleurs, nous apprîmes que M de Breilles semblait manœuvrer les ponts et les bateliers mais il ne nous tînt pas au courant plus que ça…
Bref, nous fûmes présentés à ces hommes qui distribuaient les « Mercure », leur interrogatoire fut court, de par l’intimidation de notre boucher carpathique et de part la connexion mentale par laquelle je décelais les mensonges du petit homme.
C’est ainsi que nous apprîmes sans difficulté que le contact qui délivrait les Mercure étaient un dénommé Gilles, bel homme charismatique, portant une lourde cotte de maille et un plastron aux armoiries de bicêtre, une bande rouge en diagonale sur fond noir. Les livreurs venaient chercher leur marchandise à un hôtel particulier dont le portail était orné d’un Lys Rouge. Un commerce s’était établi entre cet hôtel et l’ancien hôtel désaffecté rue de noirmoutier à Chaillot, l’ancien hôtel de Mme de blayac.

Bref, nous nous rendîmes alors à ce fameux hôtel particulier du lys rouge, et nous fîmes la rencontre de Raymonde un peu en amont du bâtiment. Ce digne représentant du clan nosferatu s’est présenté à nous dans toute sa noblesse, trainant une fourche à la main du haut de ses 130 centimètres. Elle nous fit le récit de ses investigations et de quelques anecdotes croustillantes du bon vieux temps, alors qu’elle galopait de rue en rue avec une certaine Euphrasie du clan de la lune. Mais tout clan aussi vil ou noble soit il connaît une hiérarchie, et rapidement les regards inquisiteurs et réprobateurs de Messire de Breilles pesèrent lourdement sur les lourdes et basses épaules de la petite dame.

Messire de Breilles nous annonça alors son plan, à savoir prendre d’assaut la maisonnée… tout ceci me semblait trop simpliste pour ma part. Tout portait à croire à un piège. Devant la catastrophe annoncée, je décidai d’utiliser mes dons de prescience pour prendre la mesure du danger et ne vit que quelques cabots, deux hommes d’arme endormi et messire Gilles, nommé également « Luigi ». Je perçus de même un passage dans une cheminée, gardée par une créature d’ombre, qui me donna des sueurs froides.

M de St Elm et Klaus passèrent par les toits. Fribouille se faufila derrière une caisse de saucisses graisseuses du bon comté de toulouse. Et à contrecœur je suivi le chevalier Barovitz, le seul n’ayant pas de capacité à se dissimuler. Il utilisa un stratagème des Carpathes et nous prîmes nos ennemis à revers en empruntant la porte de la cuisine, à l’arrière de la maisonnée… comprenez mon inquiétude quant à ce plan élaboré, qui me dépassait et qui nous amena à rencontrer le cerbère de la maison ! Celui ci se dressa alors sur ses pattes et le bouclier de Pologne se leva d’un coup pour contrer la fureur canine, le doigt pointé vers son museau et le torse gonflé. Le cerbère rugit et fonça vers notre Ecu Roumain et celui-ci s’abattit sur le museau de la bête. Celle ci s’effondra, mais M Gilles, que nous nommerons dorénavant M Luigi s’approcha, alerté par les couinements douloureux de la bête vaincue.
A ce moment Fribourg apparu derrière lui et le réprimanda vertement, parlant comme un de ses supérieurs. Luigi, surpris était sur le point de sauter sur Fribourg, mais son attitude le surprit, permettant au chevalier Barovitz de se mettre en retrait. Après quelques tentatives de dialogue, M Barovitz et de Breilles sautèrent sur le frêle Luigi qui tomba au sol, un pieu dans le corps.

Comme de bons petits nosferatu, nous récupérâmes des plaques d’imprimerie en acier, la présence de code carbonari et une dague maculée de sang frais que Luigi portait à son côté dans un fourreau portant des runes thaumaturgiques. Dans le dos, nous découvrîmes également un tatouage représentant un ruban rouge entourant une ville « Napoli ».


Nous utilisâmes les bonnes vieilles méthodes à l’encontre de Luigi qui nous indiqua que la 9ème marche était à éviter. Il nous apprit que la dague était un cadeau du Maestro et que deux nosferatu nous attendraient en bas. Il nous apprit également que le Bleuet avait été amenée, captive il y avait deux ans de cela.
Luigi nous parla d’une autre possibilité de rejoindre les catacombes, mais nous nous rendîmes compte que son esprit avait été forcé par la domination et qu’il s’agissait d’un piège. Notre sagacité nous permit de ne pas sombrer dans les profondeurs des carrières après que celles ci eut explosé.

N’ayant pas d’autres informations à extraire du petit cerveau italien, nous nous avançâmes vers la cheminée et activâmes l’ouverture. Le chevalier Barovitz nous revînt alors avec un nouveau chien fidèle sous le bras. Dans l’escalier, plus bas, grâce aux lumières du chevalier Barovitz qu’il portait fièrement dans la main gauche, je désactivais le passage et nous continuâmes au delà de la 9ème marche. M de Breilles prit alors l’apparence de Luigi pour donner le change et se faire passer pour prisonnier.

Nous avions deux passages possibles, et je décidais de tester mes sens pour savoir quelle direction prendre… mais alors des hallucinations s’emparèrent de mon esprit, les esprits et os des morts me parlant sans interruption… et nous continuâmes alors sur notre gauche… tout en me tenant la tête… j’ai la vision alors d’une nuée de rats nous assaillant, et Messires Breilles et Barovitz brisèrent des lampes et répandèrent de l’huile, barrant le passage des rats, tandis que Finot (nom supposé du compagnon canin du chevalier Barovitz) massacrait les rats. M de Breilles envoya ses fidèles guerriers, ses hermines blanches contre les autres rats et quelques dizaines de secondes plus tard, nous étions au cœur d’un champ de bataille des plus épiques…
Et nous avançames à nouveau, jusqu’à ce que je sente dans mon dos les deux nosferatus gardiens, deux immondes créatures larges et hautes, grasses, aux cheveux longs et gras retombant sur les épaules. Par la pensée j’avertis mes compagnons et me plaça derrière les deux mastodontes. Mais M de Breilles sous l’apparence de Luigi avertit les deux titans à travers le stratagème du code Carbonari que quelque chose se trouvait derrière eux, dans le but de distraire leur attention. La lourde hache passa à quelques centimètres de mon torse et s’abattit sur le sol. Un autre coup de hache ébrécha le vaillant bouclier de pologne. Puis les coups pleuvèrent sur les deux monstres, les envoyant en torpeur l’un après l’autre.

Le chevalier Barovitz pris un petit en cas sur chacun d’entre eux et M de Breilles décapita les deux ogres.
La vaillante équipée reprit sa route…

Nous arrivâmes alors dans un petit bureau, des centaines de parchemins donnant les ordres et directives du clan Nosferatu étaient disséminés sur les étagères. Une nuée de rats grouillants couvrait le sol. Je cherchais un piège ou tout autre mécanisme dangereux lorsque le Masque apparut devant moi… je ne voyais pas ses yeux masqués d’ombre… il semblait calme et nous invita à nous asseoir…
Une discussion s’engagea entre le Masque et M de Breilles. Certains se posèrent et d’autres dont moi même restâmes en retrait. Au cours de la conversation, M de Breilles envoya ses rats faire choir une lampe à huile et profita de la surprise pour sauter sur le Masque épée en avant. Ses yeux d’ombre disparurent et laissèrent la place à deux yeux verts brillants, et il fit une roulade en arrière pour éviter le coup. Les flammes léchèrent rapidement les murs de pierre laissant apparaître une forme bleutée sur un autel en retrait : le Bleuet.
Le chevalier Barovitz sauta sur le Masque des Extravagances et le saisit. Une créature d’ombre tomba du plafond et partit en spirale sans explication. M de St Elm fonçait vers le Bleuet. Klaus disparaissait. M de Breilles frappa et frappa le Masque des Extravagances.
Celui ci ne pouvant contrôler le chevalier Barovitz utilisa un procédé nécromantique pour paralyser son adversaire. M de Breilles lardait le corps de son ancien maître et m’invectivait d’utiliser la dague contre lui… persuadé que cette dague recelait une manipulation et nous avait été transmis par malice je refusais d’intervenir malgré mes doutes et ses invectives. Mes yeux se levèrent dans le vague à un moment, et j’acquiesçais en souriant.
M de St Elm libéra le Bleuet et pris un bain acide qui lui tomba du plafond, il resta stoïque. Nous lui en sommes reconnaissant.
Les actions du Masque des Extravagances étaient visiblement contrées les unes après les autres et les coups de Breilles continuaient à pleuvoir contre lui. Il finit par s’effondrer.

Nous nous enfuîmes alors, et je perçus au loin un homme s’enfuir, mes yeux plissèrent, j’observais la forme avec attention… mon visage se détendit d’un coup et je réprimais un rire… mon hilarité fut interrompue par M de Breilles qui me désavouait de ne pas avoir utilisé la dague contre le Masque des Extravagances: « p… de Toréador cérébral »

A l’abri, le bleuet nous fit ses révélations. Nous apprîmes qui était le Masque des Extravagances, à savoir un fragment du Masque lui-même, et que c’était cette même personnalité qui avait frappé Villon. Guillaume avait déclenché tout cela après que le Masque lui ait refusé son aide…
J’informais le Bleuet de quelques informations capitales pour lui faire comprendre qu’elle et le Prince devait former une alliance objective après que Marly-le-Roi soit revenu dans la danse… Puis nous nous séparâmes chacun dans nos repaires. Le chevalier Barovitz repartit avec Finot, presque une larme à l’œil de s’être trouvé un nouvel ami. A l’abri des regards, je fendais l’air avec la dague en riant comme un enfant, et j’entendais une voix dans ma tête, enfantine et narquoise qui me murmurait : « copine ? »…
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Frodon contre Boromir

Message  YannD le Mer 24 Juin 2009 - 14:43

[Rappel : ce n’est ici qu’une version de Maximilien qui est narrée en fonction des faits – ne mélangez pas personnage et joueur Smile ]

Plumes, poils, cheveux et légendes, tout s’agitait ce soir au palais du Luxembourg où la réception se tenait… Je m’avançais dans la salle, mes pas mesurés faisaient honneur à la finesse des rouages qui jouxtaient mes coudes et genoux. Mes vêtements bouffants faisaient mine de cacher des mécanismes, dont les engrenages tournaient les uns sur les autres à chaque enjambée. En dehors de ma perruque et du bas de mon visage, mon expression se résumait à un demi-masque lisse doré à l’or blanc, dont les tons se mariaient avec ceux de ma bouche et de mes lèvres gris argentées. Le grand bal du mardi gras avait été annoncé par une mascarade dont Malrenard avait fait l’objet et qui avait pour but de l’éloigner de ses fonctions officielles, l’écartant de son rôle de médiateur du clan… son « sire » l’aurait en effet mandé loin de son rôle pourtant critique pour son clan, et sa révérence tenait de celle qui vous font chuter les braies sur les chevilles.
Les Siamois arrivèrent alors, deux créatures tordues, encastrées l’une à l’autre qui s’entrevêchaient à l’ombre d’une fraise surplombée d’un ouvrage qui les enchainait l’un à l’autre par le cou. Leur déformation s’étendait jusqu’à un visage double plaqué sur un masque. Il s’attirèrent les foudres du cardinal qui ne demandait qu’à dénoyauter les fruits de l’abricotier, quant à moi, les railleries concernant les pantins ne vexant que ceux qui ne choisissent par les fils qui les attachent, celles-ci me passèrent par dessus la tête sans me heurter.
Ces remarques n’empêchèrent pas les siamois de faire la cour à la vieille pythie aux conseils éclairés. Je regrettai plus tard qu’on ne m’eut laissé le loisir de lui compter fleurette également, mais j’avais alors d’autres damoiselles à séduire.
Le félin rouge et noir arriva ensuite en dansant, le visage buriné et taillé à la grandeur des vieux bustes grecs, il évita les autres hères et chercha rapidement à butiner de tendres galets. Après avoir vaqué dans les fragrances des parfums les plus exquis, il fut abordé par la petite Raymonde. Le félin, mutin, dirigea la petite personne vers l’Automate auprès duquel elle se confia pleinement, déclenchant quelques pouffements mais nous instruisant sur le retour de vieilles connaissances.
Malrenard fit également son apparition. Si le fromage ne lui était tombé dans le bec, il en exhalait toute la richesse et le parfum, et ses pas coulaient les uns sur les autres avec l’élégance d’un laitage trop fait.
Notre cher Corbak vint alors compléter ce paysage en s’inscrivant dans la traine d’une nymphe fraichement sortie des eaux. Le ramage noir du Corbak tranchait avec celui de la nymphe immaculée. Malrenard, par l’odeur alléché, s’y rendit maladroit en tangage. Après avoir tergiversé, s’étant fait semble t il malmené par maître Corbak, il s’enfuit plein d’ombrage et sans guère de fromage, lui même plumé par le volatile. La nymphe inattentive reçut alors un magnifique écrin de velours rouge, et sourit largement au jeune chevalier Pierre (son titre de noblesse m’étant impossible à reproduire par les lettres) avant de se rendre plus haut dans les balcons. Là, la nymphe s’avança et fit une révérence à destination du Roi Blanc derrière la Harpie. Celle-ci, estomaquée reçut le présent de la Reine-Nymphe. Le Roi Blanc, furieux, la punit deux fois, réduisant ses dépenses et punissant son cavalier maladroit qui s’effondra au détour d’un mauvais pas devant le roi. Le Corbak faillit y laisser des plumes, mais la gravité du geste fut modérée par sa position dans l’échiquier.

Tout cela se passait alors que de la loge de Provence des libelles assassines à l’encontre de la reine et de la favorite circulait de main en main, accentuant d’autant le scandale à huis clos qui se tenait en hauteur devant le public ébahi.

Loin de toutes ses préoccupations, M de Lanjuinais s’amusait des Siamois, mais Mme de Clèves à ce moment précis, forte de sa victoire et de son mouvement de pièce, invita les Siamois à danser. Elle se garda de se vanter de la réception d’un présent de Cracovie qui permit vraisemblablement à la ventrue de recouvrir la favorite de diamants, ainsi qu’elle occulta en tout point de sa rencontre discrète avec ces messieurs le chevalier de Lastir et l’abbé Georgel. Par contre elle ne cacha pas son mépris pour la reine et la Cour de sang et présenta le chevalier d’Hénin aux Siamois. Elle plaça même quelques mots malheureux et dénué de profondeur à l’encontre de ce jeune toréador de Cour, votre dévoué, Maximilien de Pardaillan de Gondrin.

De mon côté, je profitais de ces lointains discours pour m’entretenir avec le hibou – je l’informai sur les quelques soucis que la couronne connaissait en ce moment même… la venue d’un tyran féodal n’étant une bonne chose pour personne… je l’informai du colis que la Clèves avait reçu de Cracovie, c’est à ce moment je fus convoqué pour accomplir un devoir supérieur.

Je partis alors de la soirée, et me fit emmener à la petite Venise en lisant mon courrier et les quelques rapports sur la dernière mode de Paris et les derniers bons mots en date.
Sur place, les lieux étaient gris et bruineux. Je retrouvais les Siamois, Malrenard et Corbak à la grille que nous passâmes grâce à notre invitation. Depuis les dernières tempêtes, et en raison des fonds réduits de l’état, les jardins de Versailles n’avaient pas été réparés. Des arbres brisés par l’expression de la colère du ciel jonchaient le parc, tout semblait gris, poussiéreux, mort…
Au loin, un autre mort, un homme cette fois ci et non un arbre, gisait rigide au milieu de quelques gardes sous la tutelle d’un mousquetaire, Armand de Sillegue d’Athos d’Hautevillle, premier capitaine de la garde royale. Le corps décharné, chauve, habillé en petit bourgeois n’était autre que celui de M Lamaure, premier valet de chambre du duc de chartres, fils du duc d’Orléans.
Au loin une voiture était à l’arrêt. Nous nous en approchâmes en constatant que les armoiries étaient celles de la prévôté alors que Yassec s’attaquait déjà au corps pour constater rapidement que la mort n’avait pas été commise par noyade. Nous vîmes descendre M de Tréville de la voiture, accompagné d’un autre petit homme tenant un tricorne, aux vêtements simples et riches. Je fus surpris de voir l’homme dont je m’étais donné la mission de l’extirper de la chapelle d’où il était retenu prisonnier, à savoir ce cher Charles Basquani. Malrenard sortit alors les crocs et m’invectiva rudement. Je lui souriais poliment alors qu’il insinua de malveillantes accusations à mon égard dont le sens m’échappe encore. Devant l’attitude brutale je me contentais d’un sourire de convenance ainsi qu’il est de bonne éducation de faire figure lorsque des rustres de peu d’éducation vous agressent. C’est alors qu’il en vint aux insultes, insultes qui ne m’atteignirent guère de la double raison de leur ineptie et de leur grossièreté. Toutefois je vous invite cher amis, à prendre garde de ce Malrenard, car Malboeuf est un nom qui lui sied bien mieux et le masque de Renard ne lui en octroyait pas comme vous le devinez la subtilité.
M de Tréville intervint alors lors de cet échange pour nous demander d’arrêter, ce qui me surprit ayant été victime d’injures calomnieuses. Mais je passais outre et laissait Malboeuf à son caprice. M de Tréville nous apprit que Stormont lui avait révelé que M Lamaure semblait avoir du sang vampirique en lui, ce qui expliquait notre implication dans cette affaire. Les fonctions du premier valet étant cruciale, et celui ci n’était officiellement la goule de personne, il était important de clarifier qui avait tenté de prendre contrôle de cet éminent valet.
La fouille au corps et dans les doublures des vêtements du défunt nous apprit qu’il avait en sa possession 5 écus, une poignée de billons lui permettant d’accéder aux maisons de joie, de quoi écrire, une tabatière en bois, un canif en manche de corne avec la gravure de la famille de Lamaure et point final, une enveloppe fine de papier huilé dans la doublure de l’aile ouest de sa queue de pie.
L’enveloppe contenait deux plis. Le premier était un faux simulant l’écriture de M Vergennes
«si l’on peut parvenir à découvrir le messager ou autre agent que Simon emploie dans sa correspondance mystérieuse, il n’y aura pas à hésiter à faire arrêter et à saisir ses paquets. Je vous prie de m’informer exactement de l’exécution des ordres de sa majesté et de ce qui aura pu nous revenir d’ailleurs sur le compte de cette étranger dont la conduite et les démarches nous ont paru, comme à vous, on ne peut plus suspectes… »

L’autre était plus particulier et semblait être un code :
« Empereur : il faut que je joue le jeu, et de droit je dois gagner, car je ne cherche que ce que j’ai perdu mal à propos au dernier jeu
France : Il est bon que j’aye été appelé car j’ai dit à tous et je sais le jeu. Je jouerai beau jeu
Prusse : je sais le jeu aussi bien que qui que ce soit, mais j’ai manqué au commencement d’avoir voulu jouer solo. Peut être serai je maintenant à la tête
Russie : j’ai des atouts de reste et je les ménagerai cette fois ci pour la fin
Angleterre : il est malheureux que j’aye été appelé. J’ai un mauvais jeu, quoique j’aye moi ^même mêlé les cartes
Saxe : cela s’appelle du guignon, avoir trois matadoors et cependant perdre
Pologne : si j’eusse d’abord joué mon atout, l’on ne m’aurait pas coupé mon roi
Hollande : je n’ai ni roi ni atout, mais seulement une dame mal gardée. Ainsi passe
Suède : j’ai vu les cartes mais je les ai jetées
Danemark : l’un veut que je joue, d’autres me conseillent le contraire. J’attendrai encore de crainte de repentir
Espagne : je ne joue pas moi même mais d’autres jouent pour moi jusqu’ici fort bien. Je fais cependant provision de jetons pour le moment ou la fortune changerait
Sardaigne : L’on sait déjà que je ne joue pas à moins d’être sur de gagner
Portugal : Mon tremblement n’est pas entièrement passé. Je ne peux pas tenir les cartes. Comment pourrais-je ou devrais je jouer ? »

Plus au Nord, Charles Basquani découvrit des effets simulant le suicide de M Lamaure.
Pendant ce temps, il nous apparut différents éléments successifs. Le col de M Lamaure était recouvert d’une fine couche de crottin et ses chaussure portaient des pétales de rose, ainsi que la reine aime à en faire pousser en certaines parties des jardins. Les lèvres de M Lamaure portaient des marques d’empoisonnement dues à une herbe fort rare venant des Amériques et d’Italie : la datura strabonium. Après investigation plus poussé de notre Corbak, il apparut que des traces d’une discipline interdite avaient recouverts la nuque de M Lamaure… un pieu lui avait été fiché à cet endroit, pieu que nous pûmes retrouver dans les forêts alentours grâce aux siamois. Ceux ci nous indiquèrent également que des chevaux lourds et une calèche s’était approchées dans les bosquets en retrait du canal. Je fus également violemment attaqué dans les jardins, laissant de douloureuses marques au cou que je ne pouvais guérir. En danger, je revins auprès de Yassec.

Charles vit alors un jardinier en train de nous observer. Une folle course poursuite embraya ensuite entre le pauvre hère et les rabatteurs : Basquani, St Elm, Malrenard… Ils plaquèrent le pauvre homme… celui ci n’était qu’un piètre jardinier tombé là par hasard. Malboeuf fit repli, furieux d’avoir perdu son temps. Alors que je pensais au même moment qu’il s’agirait bien d’un nosferatu déguisé, cette même pensée par une quelconque alchimie partagée par ces messires qui firent parler la créature.
Il nous apprit habiter dans les canalisations de Versailles, après avoir fui le Nord. Sa coterie fut par malchance détruite par Frère Clément et son sire, Fanche, détruit par Fribourg… Le jardinier nous fut donc amené, notamment en présence de Malboeuf. Persuadé d’être dans son bon droit en prétendant avoir eu autorisation du prince pour habiter les canalisations, la duperie dont il avait été victime fut manifeste lorsqu’il prétendit que Malboeuf était leur protecteur et que tel était le message transmis par ce fameux Notre Père. Alors que les Siamois pieutaient violemment le pauvre jardinier, Malboeuf eut ce bon mot en regardant son protégé « quelle violence inutile ». Le ridicule de la situation me heurta de plein fouet, cela me semblait si irréaliste de voir ce soi disant protecteur des faibles ne réagir en rien et clamer que la violence était inutile sans rien faire pour l’en empêcher. Quel sophisme. C’est alors qu’il se retourna furieux vers moi et me saisit l’épaule avec force, menaçant, m’invectivant de m’excuser. Devant cette démonstration de force de plus mauvais goût, je lui demandais poliment de bien vouloir me lâcher. Il força alors le poing, me brisant à moitié l’épaule. Alors que je restais debout, Malboeuf, furieux, enflamma son poing en plein milieu des jardins. La lueur rougeoyante enflamma l’obscurité des jardins, me brûlant profondément les chairs, je crus que mon heure fut venue. Je le voyais, tout son être se portait vers la torture et l’envie de perpétrer la douleur. Voyant en face de moi quel monstre se révélait enfin à mes yeux, incapable de raisonner le monstre, et sous le coup de la douleur et de mes précédentes blessures, il me fit plier genou à terre. Je dus lâcher un « je vous prie de m’excuser », qui parvint à le calmer en partie. La lueur qui brûlait mes chairs se dissipa peu à peu devant l’œil atterré des spectateurs de la scène, et notamment de la goule de M de Tréville. Je comprenais mieux par quels pouvoirs il avait détruit Mme de Blayac, et prenait pour moi la détresse de sa précédente épouse, Nelly de Brienne, car le monstre aime torturer et soumettre ceux qui lui sont physiquement inférieur. Je pris sur moi et ne lui adressa plus un mot, réclamant simplement à ne plus le cotoyer. Le cou à moitié brisé, l’épaule en feu et brûlée par la chaleur, j’étais même choqué de constater que la goule de M de Tréville fut surprise que je demande chambre à part. Tout autant que je fut choqué par l’attitude de M de Tréville qui cautionnait l’usage de la violence et des pouvoirs du sang en un tel lieu.
Je vaquai donc dès cet instant à mes occupations.
Charles trouva de son côté des restes de lutte près des parterres de rose. Des billes de mercure lourd, une plume de hibou, le même crottin que sur celui du col de Lamaure et un ongle de pouce se décomposant rapidement furent retrouvés en ces lieux. M de Vilecourt vit alors Charles Basquani en train de fouiller le sol, et lors de la discussion durant laquelle M de Vilecourt s’interrogeait de ce spectacle, il lui répondit simplement « certes, mais c’est le meilleur des crottins ». C’est sans doute suite à cela que M de Vilecourt surnomma Charles « la Taupe ». Sans doute vexé par ce flagrant délit de jardinerie fécale, Charles Basquani humilia alors publiquement les Siamois qui perdirent contenance et durent se cloîtrer après que celui ci fut victime de pouvoirs occultes et inconnus.
Malboeuf se rendit au palais royal où il fit la rencontre de St Germain auquel, m’a ton dit, il révéla notre ordre de mission et lui signa même un ouvrage. Bien mal lui en prendra, qu’il se débrouille.
De mon côté, je trouvais grâce à mes amitiés le lieu où Lamaure vivait au marais, dans le quartier contesté du Temple, alors que Yassec nous confirmait l’origine du sang qui avait lié Lamaure : il s’agissait bien de sang tremere.
Moi et Yassec demandèrent alors une entrevue avec Menaxie et nous y rencontrâmes Tancrède. Celui ci après avoir tenté de nous extorquer quelques dettes consentit finalement à nous octroyer de l’aide, pour nous permettre d’accéder au petit hotel particulier de Lamaure.
Je n’eus entretemps pas le plaisir de recontacter le hibou…
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YannD
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